Soutien de SUD-Education à la création

Publié le par sud pion

Suite à la réunion d'Assistants d'Education et Pédagogiques, appellée par Sud-Education 14 le 19 janvier 2011, les AE et AP présents ont souhaité s'organiser en collectif. Cette réunion a été riche en informations, en particulier sur les inégalités de condition de travail entre établissements et sur les situations juridiques parfois illégales, les pressions hierarchiques...


SUD-Education 14 soutient cette initiative de lutte, basée sur l'auto-organisation, et appelle l'ensemble des AE et AP de l'Académie du Calvados à se joindre à la prochaine réunion :

 

le mercredi 23 février, 18h, amphithéâtre Tocqueville,

Université de Caen, Campus 1.

 

Pour plus d'informations : sudpionbn@yahoo.fr.

 

Ci-dessous, le texte d'appel du collectif pion :


COLLECTIF PIONS DE L’ACADEMIE DE CAEN

 

Nous sommes un collectif de pion-ne-s (AE, AP, EVS, AVS…) de l’Académie de Caen. En tant que salarié(e)s (parfois étudiant(e)s), côtoyant l’enseignement secondaire (et supérieur), nous sommes bien placé(e)s pour saisir la destruction et l’instrumentalisation programmées du service public d’éducation.

Salarié(e)s de l’Education Nationale, nous mesurons les implications concrètes des choix politiques des gouvernements sur nos conditions d’étude et de travail. Nous les avons expérimentés précocement depuis la « modernisation » de notre statut en 2003 : nombre d’élèves en augmentation par poste, augmentation du temps de travail sans revalorisation salariale, multiplication de nos « missions » sans formation, flexibilité contractuelle (généralisation des contrats de courte durée) et la caporalisation des rapports hiérarchiques (abus de pouvoir et autoritarisme des supérieurs) sont le quotidien des AE aujourd’hui.

 

 

Le dégraissage est en cours, la précarisation continue !!!


Sur 2009 et 2010, le rectorat de Caen a opéré une réduction de 140 postes (équivalent temps plein) d’emplois vie scolaires. Or, la plupart des AE travaillent à mi-temps (soit un maximum de 280 mi-temps supprimés). Cette réduction drastique des effectifs (environ 13% des emplois vie scolaire) s’est ajoutée au non remplacement des MI/SE en fin de contrat. Des injustices flagrantes s’opèrent aussi : la plupart des établissements ont connu des réductions d’emplois vie scolaire alors que des lycées comme Victor-Hugo et Charles de Gaulle (Caen), qui affichent les meilleurs taux de réussite au bac de l’académie, ont vu leurs dotations de postes vie scolaires augmentées. En plus des réductions de postes, cette politique vise à créer des « pôles d’excellences » délaissant les autres établissements (ces critères de performance sont définis par la LOLF -2001-). La suppression de la carte scolaire, la mise en place de primes pour les chefs d’établissements et pour les recteurs ne font qu’accentuer cette compétition.

Nous n’avons pas à subir la mise en concurrence des établissements scolaires. Les élèves non plus.

 

Les AE subissent une charge de travail de plus en plus importante tout en supportant une pression hiérarchique renforcée par la précarité des contrats (phénomène qui ne cesse de s’aggraver). L’encadrement pédagogique est une notion que le gouvernement ne semble pas connaître. Les 91200 suppressions de postes (16000 pour la rentrée 2010) dans toute l’Education Nationale sont là pour l’affirmer (352 suppressions de postes pour 2011 dans l’académie). Nous, AE, ne sommes pas des pions chargé(e)s de régler les tâches administratives et de sanctionner l’élève sans prendre le temps de dialoguer, d’écouter, de comprendre.

De plus, les réformes des concours et des lycées, dont les finalités notables sont : concrétiser les suppressions de postes, offrir aux établissements une réserve de main-d’œuvre précaire et flexible, orienter les cursus pédagogiques vers les Sciences dures (filières viables économiquement).

Nous refusons cette pensée unique qui fait de l’éducation un appareil au service de la reproduction sociale et de la rentabilité immédiate !

 

La finalité de ce collectif de pions est :

 - d’échanger des informations sur nos situations respectives et sur nos droits professionnels.

- de défendre individuellement et collectivement tou-te-s les collègues

- d’élaborer des revendications et des stratégies de lutte pour l’amélioration de nos conditions de travail.

- de faire vivre un espace critique et de réflexion dans une optique de convergence des luttes inter-catégorielles et interprofessionnelles.

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