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bilan de l'année 2007/2008

PROGRESSION DE LA PRECARITE

DANS UN ETABLISSEMENT DE L’ACADEMIE DE CAEN

 

Introduction

 

La lutte contre la précarité est devenue un axe majeur de l’activité syndicale de SUD Education. Cette situation est le résultat des successives politiques de « modernisation » de l’Education Nationale, qui visent à la réduction des dépenses publiques, à la gestion managériale des personnels et à l’instrumentalisation économico-politique de l’institution. Participant de cette restructuration de l’appareil d’Etat, la réforme du statut des surveillants de 2003 a supprimé les MI/SE et créé les Assistants d’Education. Les conditions de travail et d’étude des pions ont par conséquent été bouleversées : l’augmentation du temps de travail sans revalorisation salariale, la flexibilité contractuelle (généralisation des contrats courts), la caporalisation et le clientélisme au sein des rapports hiérarchiques sont le quotidien des AE aujourd’hui. Outre les implications pédagogiques néfastes, cette réforme ne facilite en rien, bien au contraire, la réussite des études. Compte tenu de l’impossibilité en l'état actuel du rapport de force national de lutter pour l'abrogation du décret, il devient impératif de mener des actions et revendications à l’échelle locale afin de faire respecter voire progresser les droits des AE (notamment face à des supérieurs se prenant pour des DRH et appliquant les textes à minima). En effet, c’est au sein des Conseils d’Administrations, sur proposition du chef d’établissement, que se définissent les conditions d’emploi des AE (critères de recrutement, durée des contrats, mission). Sud Education continue de revendiquer localement l’application au maximum des droits permis par le statut d’Assistant d’Education et nationalement la suppression du décret de 2003 et l’ouverture d’un débat national sur la relation pédagogique aux élèves et les conditions d’études et de formation des étudiants salariés.

L’an dernier, nous (un MI et un AE, syndiqués à SUD Education Calvados) avions entrepris des actions dans un lycée de l’académie de Caen1, afin d’imposer nos revendications au CA. Dans la perspective de soumettre au vote nos propositions (recrutement transparent et sur critères sociaux, contrats de trois ans pour tous, notamment) nous avions multiplié les contacts avec les autres élus (principalement FO, SGEN-CFDT, SNES-FSU, et FCPE). Après plusieurs débats houleux et une contre-proposition des CPE2, le proviseur avait tranché la question en refusant de soumettre nos revendications au vote. Nous avons pu nous apercevoir que notre sort dépendait du bon vouloir de nos supérieurs directs (responsables par délégation du dossier) et que le corps des CPE du lycée n'était pas homogène : deux attitudes vis à vis des surveillants se sont progressivement dessinées. La première rejetait en bloc l’idée même d'instituer des conditions d’emploi plus transparentes et plus justes pour les étudiants, arguant que la réforme du statut correspond à la nécessaire adaptation de la mission de surveillance aux transformations de l’école et de la société. La seconde, plus nuancée et émanent d’adhérents du SNES - FSU, comprenait en apparence nos revendications et semblait ouverte à la négociation sur les conditions d’emploi. Leur contre-proposition instaurait tout de même, dans les faits, une période d’essai d’un an, inacceptable pour SUD Education. Il est important de souligner que ce syndicat majoritaire du second degré défend nationalement des contrats de 3 ans pour les AE, ce qui n’est pas le cas de ses adhérents locaux… Bien que la possibilité d’instituer des conditions de recrutement et de travail plus justes ait été balayée d’un geste autoritaire, il semble que les diverses actions menées au sein du lycée aient permis de délimiter clairement les positions de chacun, de sensibiliser d’autres catégories d’acteurs du système éducatif (parents d’élèves et enseignants) à la question des AE et de participer à la prise de conscience de certains collègues quant à la précarité de leur propre situation. Ce conflit a cependant eu pour conséquence indirecte d’opérer un transfert, l’année suivante, de la gestion du « dossier surveillant » dans les mains du CPE, prônant une flexibilité accrue de la fonction et une réorientation tacite de la mission de surveillant.

L’objectif de ce texte est de faire état de l’évolution des conditions de travail des surveillants dans cet établissement et des actions entreprises, à l’initiative de SUD Education, afin de défendre ces nouveaux (étudiants) salariés précaires de l’Education Nationale.



Rentrée 2007-2008 : quels changements ?


La rentrée scolaire est donc placée sous le signe de la rupture pour les surveillants, la réorganisation du service décidée par le nouveau chef touchant bien évidemment les AE en priorité… Il est vrai que l’époque est à la modernisation : le statut de MI/SE, dont l’esprit était de permettre à des étudiants recrutés sur critères sociaux de poursuivre leurs études dans des conditions un peu plus respectable (en comparaison à la dépendance familiale ou aux petits boulots de type mac do) et/ou de se familiariser à l’environnement éducatif pour ceux postulant aux concours de l’enseignement, fait donc figure d’oripeaux dont il est urgent de se débarrasser.

Cette réforme interne est accompagnée d’un discours légitimant le changement, présenté comme inéluctable et censé, en dépit des « sacrifices » requis, bénéficier à tous. Devant se défaire de pratiques passéistes liées à l’ancien statut (c’est à dire le stéréotype du surveillant dilettante accroché à ses privilèges corporatistes), les AE, ayant compris leur rôle et devenus acteurs de leur propre changement, doivent participer à la construction d’une nouvelle culture. Les MI/SE, étant bien entendu irrécupérables par définition, ne sont pas ou peu concernés par la réorganisation. Il ne reste qu’à attendre leur extinction programmée. La rhétorique modernisatrice, s’appuyant sur des arguments faussement de bon sens et réellement orientés idéologiquement, mérite d’être critiquée et mise à l’épreuve des faits. Ce type de propos, tenus lors de convocations présentées comme réunion d’échange ou de dialogue, prend la forme d’un monologue soporifique, à connotation paternaliste et flirtant parfois avec les sphères abstraites de théoriciens et technocrates accrochés à leurs vérités. Le CPE, nouvellement responsable de la gestion des pions, affirme ainsi vouloir adopter une attitude de proximité, d’écoute et de disponibilité vis-à-vis des surveillants et baser la gestion du dossier sur les principes suivant : 1) économie, équilibre et équité 2) écoute, dialogue et concertation 3) rigueur. Par delà la communication, quelles sont donc ces innovations présentées comme solutions miracles au dysfonctionnement des « surveillants » ?

La nouvelle organisation du service, complétée par une redéfinition des rapports hiérarchiques et une réorientation (tacite) de la mission, est censée améliorer le fonctionnement de l’établissement, responsabiliser le surveillant dans son travail et l’inscrire dans une démarche professionnilisante. Ces changements se font certes dans le strict respect des textes régissant les AE, mais correspondent à une interprétation et une application à minima du nouveau statut.

Tout d’abord, l’organisation du service. A la baisse des effectifs et à l’augmentation du temps de travail, s’ajoute la segmentation des Emploi du Temps (EDT). Certains EDT ressemblent à un gruyère : le morcellement hebdomadaire et journalier devient maintenant la norme. La durée annuelle du travail n’est en outre pas égale pour tous. L’an passé, tous les AE disposaient du crédit d’heure, sans conditions. Depuis la rentrée, celui-ci est octroyé de façon discrétionnaire, tout ou partiellement. Certains AE peuvent donc avoir trois heures de plus par semaine. La grande nouveauté se situe surtout au niveau de la stricte spécialisation des tâches. Certains sont assignés à l’externat, soit pour récupérer les billets d’absences ou distribuer les convocations, soit pour faire des rondes dans l’établissement ou dans ces alentours. D’autres sont cantonnés en salle de perm’ et doivent surveiller l’étude ou gérer les dépôts d’affaires et l’accès aux ordinateurs. Les derniers travaillent à l’internat, aux dortoirs ou au bureau de la vie scolaire des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE). Le complément de la spécialisation des tâches correspond à l’autonomisation des équipes et des lieux de travail (surtout opposition internat/externat). Les surveillants travaillant en équipe doivent, en accord avec les CPE, concevoir des projets et s’autogérer (sic) dans leur secteur respectif. Ensuite, la relation hiérarchique. Les surveillants, organisés en équipe spécialisée, doivent faire état de leur travail à un CPE référant, qui fait ensuite le lien avec le responsable en chef du dossier. Le proviseur se trouvant au sommet de la pyramide. Fraîchement débarquée en début d’année, celui-ci ne compte aucunement s’intéresser à cette catégorie d’employé et appuie sans conditions le nouveau « DRH ». Le CA, seule instance un tant soit peu démocratique de l’établissement, se trouve alors court-circuitée. Par ailleurs, deux AE sont chargés de gérer les remplacements de leurs propres collègues, tâche incombant statutairement aux CPE et introduisant ainsi une hiérarchie entre surveillants. Cet emboîtement des échelles devrait fluidifier la communication entre pions et CPE… Enfin, la réorientation de la mission. A la possibilité historiquement offerte aux étudiants salariés de pouvoir réviser pendant le service (sous certaines conditions), le nouveau chef répond efficacité et réactivité. La montée des incivilités, des comportements addictifs et de la violence scolaire doit constituer LA priorité de la mission du surveillant. Il devient alors impératif d’effectuer le maximum de « rondes » et d’« interpeller » les « sauvageons » potentiels. Exit donc la fonction pédagogique du surveillant, celle-ci revenant exclusivement aux CPE. Officieusement, un bon surveillant doit avoir effectué en moyenne 5 rapports au cours de l’année.



Quelles sont les conséquences de l’approfondissement de la flexibilité des AE ?


La segmentation des tâches et le cloisonnement des équipes, contrairement à l’objectif affiché, n’améliorent en rien l’efficacité du service. Lorsqu’un imprévu survient, un surveillant d’un autre secteur ne peut qu’intervenir maladroitement face à un poste ou à une situation qu’il ne connaît pas. De plus, l’absence d’un surveillant (examen ou concours, maladie ou tout autre motif) ne peut être compensée que par un collègue de la même équipe, ce qui limite grandement les possibilités de remplacement. Cette réorganisation induit monotonie et répétition des tâches et ne facilite pas la motivation et l’épanouissement personnels dans le travail. Elle empêche également une vision globale de la mission éducative et privilégie les tâches administratives et policières. L’absence de continuité dans la relation à l’élève rend plus difficile la compréhension de la complexité des situations et des problèmes vécus par ceux-ci, et donc la possibilité d’apporter une aide ou d’alerter les CPE en cas d’urgence. Un élève n’a bien évidemment pas la même attitude dans la classe, la cours, l’internat ou à la sortie de l’établissement.

La « modernisation » de la fonction de surveillant est appliquée de manière autoritaire. Elle s’opère sans concertation ni prise en compte des désirs et compétences des intéressés et est exempte de toutes discussions au sein du Conseil d’Administration. De plus, cette nouvelle politique est accompagnée d’un discours contradictoire et hypocrite. Les principes d’écoute, de proximité et de disponibilité dans les rapports entre supérieur et subordonné ne résistent pas à l’épreuve des faits. Le pilotage du dossier par un DRH à mi-tps, seul interlocuteur désigné (ses collègues adoptant une position suiviste ou prétendument neutre), loin de renforcer le fonctionnement collectif, tend à atomiser les surveillants et à individualiser la relation, favorisant les liens affectifs interpersonnels et les dérives autoritaires. Certains surveillants en bons termes avec le CPE en chef verront leur situation et leurs besoins se résoudre plus facilement et rapidement. L’asymétrie de la relation hiérarchique prend tout son sens et est utilisée par certains CPE afin d’accroître la pression sur le surveillant, lors de la période d’essai et du renouvellement du contrat. Cette situation, complétée par la promotion de certains AE à des responsabilités incombant aux CPE et par l’octroie discrétionnaire du crédit d’heure, tend en outre à favoriser la suspicion et la concurrence entre surveillants, au détriment de la coopération et de l’esprit d’équipe caractérisant d’ordinaire les relations entre collègues. La caporalisation et l’individualisation des rapports salariaux entrainent une limitation de la contestation et constituent une nouvelle entrave à la syndicalisation des précaires.

Cette réorganisation n’est pas sans affecter les conditions d’étude des surveillants. A l’insécurité permanente introduite par le statut d’AE3, se surajoute la pression exercée par le nouveau responsable en ce qui concerne la réussite d’étude ou de concours. Les surveillants sont régulièrement mis en garde, pendant les périodes d’essai et de renouvellement de contrat, sur les conséquences d’un échec dans leur cursus. Le droit à l’échec ou à l’erreur est rejeté au profit d’une pseudo-rhétorique de l’excellence. De plus, l’accès au crédit d’heure et à l’autorisation d’absence pour concours ou examen est plus strictement encadré et sujet à appréciation du CPE en chef. Tous les AE ne sont pas logés à la même enseigne et n’ont donc pas les mêmes possibilités de réussite. Enfin, la spécialisation des tâches et la vision policière de la mission invalident les possibilités pédagogiques offertes par cet emploi aux futurs professeurs de l’EN et contredisent le discours sur la professionnalisation et la valorisation des acquis de l’expérience. En effet, quelles enseignements tirer d’un emploi où l’on est cantonné à un aspect tronqué et répressif de la mission ?



Revendications et actions du Collectif des surveillants


Constatant cette dérive libérale et autoritaire, la section SUD Education du lycée a organisé, sur l’Heure d’Information Syndicale, une réunion entre surveillants (MI/SE et AE), ouverte aux autres Employés de Vie Scolaire (EVS) en Contrat d’Accompagnement vers l’Emploi (CAE). Malgré la faible affluence, des critiques commencent à émerger et le désir de ne pas se laisser faire progresse. La stratégie adoptée consiste à construire un rapport de force, en impliquant le maximum de salariés, afin de faire plier la direction et d’instituer des conditions de travail et d’emploi plus juste par le biais du CA. Dans cette optique, l’idée est lancée quelques semaines plus tard de monter un collectif (qui comptera jusqu’à 15 membres au plus fort du conflit). La lutte contre la précarité et l’immobilisme voire désintérêt des autres catégories de personnels et syndicats justifient ce choix organisationnel. Il est en effet nécessaire d’inverser la tendance gagnant les précaires : isolement, sentiment d’impuissance et résignation, comportements individualistes et utilitaristes. Il est aussi nécessaire de forcer la main ou de déborder les syndicats soit assujettis au pouvoir et donc suivistes des réformes, soit contestataires mais inscrits dans une posture dirigiste face au mouvement social. La constitution en collectif répond donc à plusieurs objectifs : se rencontrer et se connaître ; échanger sur nos conditions de travail/d’étude ; établir en commun la liste des problèmes/dysfonctionnements ; élaborer collectivement des solutions/revendications ; dépasser/subvertir la logique syndicale traditionnelle ; recréer des liens de solidarités et construire une force collective. Une lettre d’analyse et de revendications est déposée par l’AE, élu SUD Educ’, au CA de l’établissement, instance jugée seule légitime pour discuter et décider des orientations de politique locale concernant les surveillants. Elle dénonce les conditions d’emploi et de formation des nouveaux AE, la réorganisation segmentée et cloisonnée du service et le pilotage individualisé et autoritaire des surveillants. En conséquence, le collectif revendique la clarification et la transparence des conditions de recrutement et d’évaluation des AE, l’instauration de contrats d’une durée de trois ans, le retour à un fonctionnent collégial de l’équipe pédagogique ainsi que la mixité des tâches et enfin l’accès de tous au crédit d’heure sans conditions. S’instaure alors une période de tension avec la hiérarchie qui n’a pas du tout appréciée d’être remise en cause ouvertement. Accueillant de nouveaux membres, le collectif se réunie plusieurs fois afin de faire le bilan de la situation et décide de renouer le dialogue avec les supérieurs. Une réunion de concertation entre le collectif et les CPE est enfin organisée un samedi matin. En dépit d’un climat assez tendu, la parole se libère et chacun fait part de son opinion. Au sortir de cette rencontre, des avancées sont notables : les réunions de service sont plus ouvertes au dialogue et moins dirigistes ; des réunions plénières, réunissant l’ensemble des EVS, seront programmées tous les trimestres ; la segmentation des tâches est partiellement revue (par contre, le cloisonnement entre internat et externat est maintenu) ; il est convenu de définir un réel projet pédagogique à l’« externat », notamment par l’organisation d’un soutien scolaire aux élèves en difficulté sur le temps de travail (ce projet ne verra cependant pas le jour). En outre, le chef d’établissement propose la constitution d’une commission de présélection des dossiers et la clarification des conditions de recrutement et d’évaluation des AE. Des problèmes et revendications restent cependant exclus de la négociation : la délégation à des surveillants de tâches administratives incombant aux CPE ; l’octroie discrétionnaire et différencié du crédit d’heure ; les contrats de trois ans. Le proviseur, en symbiose avec notre « DRH », se refuse à ouvrir le débat sur la question de la durée d’embauche. Adhérant visiblement à l’évolution libérale des rapports salariaux au sein de la sphère publique (intensification du travail, fragilité statutaire et renforcement du pouvoir de la hiérarchie directe), l’équipe de direction et les CPE souhaitent-ils sa généralisation à l’ensemble des personnels ou n’est-elle valable que pour leurs subordonnés ? Il est vrai qu’il est toujours plus facile de légitimer la précarisation de ces derniers lorsque sa propre situation matérielle est assurée...


Conclusion


La lutte contre la précarisation des surveillants et de l’ensemble des personnels de l’EN implique d’être innovant en termes d’organisation (réflexion sur la création de collectif et sur les rapports aux syndicats traditionnels), de répertoire d’action (institutionnelle et extra-institutionnelle) et de revendications (court, moyen et long terme). La constitution en collectif n’est pas une solution miracle, mais elle peut permettre la politisation de certains salariés et l’extension du rapport de force. Cette stratégie n’est bien évidement pas exempte de risques ou problèmes : comportements consuméristes, investissement éphémère, suivisme des participants ; rejet et dédain des autres catégories de personnels et syndicats, etc. Mais à l’heure de la remise en cause du cadre national du système éducatif et de la (re)localisation des rapports salariaux (reforme des Universités, des IUFM et des établissements scolaires, etc.), il devient impératif de construire des rapports de force multiples, localement et horizontalement, en se réappropriant les moyens de lutte et en (re)politisant le maximum de salariés. Jouer le jeu institutionnel peut parfois permettre de faire respecter les droits des salariés, si minimes soient-ils, mais il ne faut pas perdre de vue la nécessité de construire un mouvement social, unitaire et durable, si l’on souhaite en terminer avec le « précariat ».

Le processus de précarisation du statut de surveillant illustre de manière caricaturale la transformation contemporaine et généralisée des rapports salariaux en France et en Europe. Contre ce projet libéral et autoritaire, SUD Education, au sein de l’Union syndicale Solidaires, appelle chacune et chacun à s’engager dans une démarche de résistance, de convergence intercatégorielle et interprofessionnelle, afin de rendre effective cette autre Ecole et cette autre société que nous souhaitons.

1 Ce lycée compte près de 2000 élèves (second cycle et classes préparatoires confondues), 22 surveillants (AE et MI/SE) et 5 CPE (dont 2 à mi temps).

2 La proposition d’un contrat de 3 ans, assorti de 3 mois d’essai (1/12ème de la durée totale, comme spécifié par la loi), est considérée comme comportant trop de risques pour le fonctionnement du service. La période de « mise à l’épreuve » serait trop courte (l’équivalent d’un trimestre tout de même) pour permettre l’évaluation des compétences du nouvel AE et engagerait donc la direction sur 3 ans sans possibilité de licenciement. Une contre-proposition est ensuite avancée, suggérant le recrutement des surveillants en deux temps : après un premier contrat d’un an et l’assurance que le salarié ait donné tous les gages de satisfaction, le renouvellement interviendrait pour une période de deux ans (sans engagement écrit, bien évidemment...).

3 La flexibilité inhérente au statut (contrat court et subordination hiérarchique) rend possible le non renouvellement, sans motivation, pendant les grandes vacances, et fragilise ainsi les conditions matérielles d’étude (revenus réguliers, accès au logement, etc.).

Bilan d'une lutte collective

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